Histoires autochtones

@ Centaur

Même si nous nous sommes faits plus discrets pendant la pandémie, nous en avons profité pour réfléchir à notre place dans le paysage culturel de Montréal, et plus précisément, à la diversité artistique en créant l’Artistic Diversity Discussion @ Centaur, qui a vu naître de nouvelles initiatives dont la résidence pour artistes autochtones. Cette résidence soutient l’artiste interdisciplinaire Ange Loft et son projet Talking Treaties : Tiotià:ke – une exploration théâtrale approfondie sur l’histoire du territoire que nous habitons. Ange recueille toutes sortes d’histoires, de témoignages d’aînés de Kahnawake aux archives de l’Église catholique. J’ai très hâte de vous parler plus en détail de ce projet important à mesure que la création évoluera au cours de l’année.

L’honorable Murray Sinclair, président de la première Commission de vérité et réconciliation, affirme que le chemin vers la guérison des relations entre les Autochtones et les non-Autochtones du Canada passe par le respect, l’éducation et l’action positive. Pour en savoir plus sur la reconnaissance territoriale, je vous suggère de consulter le site de la Commission de vérité et réconciliation. Nous avons tant à apprendre les uns des autres.

Reconnaissance Territoriale

Montréal est un endroit formidable et c’est un grand privilège de pouvoir y faire du théâtre. La ville a une histoire riche et bien à elle.

Bien avant que Cartier vogue vers le Saint-Laurent et rencontre des Iroquois dans un lieu nommé Hochelaga, cette île, que les colons européens appelleront Montréal, était un point de conflit, de rassemblement, de créativité et d’échanges depuis des temps immémoriaux pour plusieurs nations autochtones, notamment, les nations Anishinaabe, Huron-Wendat et Abénakis.

La nation Kanyen’kehà:ka, ou Mohawk en français, est reconnue comme gardienne des terres et des eaux de la région de Montréal. Dans la langue de cette nation, l’île est appelée, Tiohtià:ke, ce qui signifie « divisé en deux », en raison de la façon dont l’eau contourne l’île. Remarquons que la langue autochtone considère l’île comme faisant partie du fleuve. Cela nous rappelle à tous que nous prenons part à une histoire beaucoup plus vaste.

Depuis des siècles, ce majestueux fleuve amène ici des gens de partout dans le monde en quête de nouvelles occasions et de nouveaux départs. Les rapides de Lachine, situées à la pointe ouest de l’île, ont incité plusieurs voyageurs à se poser. Le fleuve a fait de Montréal la ville dynamique et diversifiée qu’elle est aujourd’hui. Cette diversité est inspirante; c’est en se racontant nos histoires que nous jetons les ponts entre nos différentes cultures et langues.

-Eda Holmes, Directrice artistique et générale